Louis-Constant-Marcellin Chiron, né à Angles,
département de la Vendée, le 21 mars 1885, à une heure du matin, fils de
Louis Chiron, ouvrier-chaufournier, et de Marie-Esther Briffaud,
ménagère. Il est l'aîné de quatre enfants.

Sa famille s'établit dès 1886 à Longeville.
Il étudie au Petit Séminaire. Bachelier en Lettres et mathématiques, il entre en 1903 au Grand Séminaire.
Il poursuit deux années d'études de théologie au Séminaire français de Rome. Docteur en théologie, il retourne en Vendée.
Ordonné prêtre, le 11 juillet 1909. Il est vicaire de Poiré-sur-Vie
durant deux années, puis de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, pendant
sept ans.
Professeur de morale au Grand Séminaire en 1919, il devient le Supérieur
de cette institution en 1922, en remplacement de Mgr Mignen, nommé
évêque de Montpellier, et qui deviendra plus tard archevêque de Rennes.
En 1933, Mgr Garnier appelle Louis Chiron en qualité de vicaire-général
afin de le seconder dans l'administration du diocèse de Luçon.
Nommé évêque le 6 octobre 1939. Dès le 7 octobre 1939, l'annonce de sa
nomination par le Pape XI en qualité d'évêque de Langres est diffusée
dans la Presse.
Il est sacré le jeudi 7 décembre 1939, dans l'église cathédrale de Luçon, en
présence de Mgr Gustave-Lazare Garnier, évêque de Luçon, assisté de Mgr Jean-Baptiste Mégnin, évêque d’Angoulême et de
Mgr Charles Massé, évêque auxiliaire de Luçon. La cérémonie était présidée par S. E. le Cardinal Feltin,
archevêque de Bordeaux. Il devient alors le premier évêque sacré de
la seconde guerre mondiale.
La France ayant décrété la mobilisation générale le 2 septembre 1939 et
déclaré la guerre à l'Allemagne, le jour suivant ; il est reçu à
l'évêché de Langres, le 30 décembre 1939, à l'issue de la grand'messe,
dans le salon épiscopal en petit comité et sans cérémonial particulier,
par Mgr Eugène-Antoine Lindecker, vicaire-capitulaire, doyen du Chapitre.
Ses armes :
Sa devise : Luce christi duce.
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Le sacre de Son Excellence Monseigneur Chiron, évêque de Langres
7 décembre 1939
Dès la veille, le sacre était annoncé par la grandiose sonnerie de
toutes les cloches de la cathédrale et le jour même, par deux fois, à
une demi-heure d'intervalle, elles lanceront encore leur puissant et
harmonieux appel. Ce sera l'unique manifestation extérieure de la
cérémonie. Il n'y aura point de défilé à travers la ville, pas de
décoration des maisons. Même le traditionnel banquet sera supprimé. La
guerre imposait ces restrictions. Ce ne seront pas les seules, hélas !
La maîtrise de la cathédrale et la chorale du Grand Séminaire,
privées par la mobilisation de leurs meilleurs éléments et de leur
excellent directeur, M. l'abbé Prim, se verront contraintes de supprimer
le brillant programme musical qu'elles nous eussent certainement
offert, comme au sacre de Mgr Massé. Et ce fut bien dommage ! Heureusement, au grand orgue nous restait le délicat artiste qu'est M. l'abbé Carmelo Scerri (...)
On avait craint que, du fait de la guerre, l'assistance se trouvât
réduite. En vérité, si l'on compta un nombre relativement restreint
d'hommes, il n'y parut guère dans l'ensemble. Toutes les chaises
disponibles avaient été retenues à l'avance. La cathédrale donnait
l'impression d'être pour ainsi dire comble. Il n'y eut que quelques
rangs des prêtres et des élèves du Grand Séminaire, où se comptent près
de 240 mobilisés, qu'on put noter une diminution très sensible (...)
La longue cérémonie du sacre est terminée.
Un nouveau cortège se forme qui, cette fois, pour répondre aux légitimes
désirs de la population, se rendra, par l'extérieur à l'évêché, en
procession solennelle, avec l'escorte d'une gentille garde d'honneur
assurée par les scouts de Luçon et de Fontenay-le-Comte.
A midi, un déjeuner intime réunissait à l'évêché les évêques et quelques invités de marque (...) Le premier toast fut porté par Mgr Garnier, il apparut comme voilé d'une ombre de mélancolie (...) Après Mgr Garnier, Mgr Lindecker, vicaire général de Langres, porta le second toast.
Il fit un discret et adroit éloge de son diocèse dont la réputation au
point de vue religieux est, affirme-t-il, mal établie. Cette réputation
pourrait s'expliquer par des raisons extrinsèques qui n'entachent en
rien la valeur de ce diocèse. Si les évêques ne font que passer sur le
siège de Langres - ne nous révèle-t-il pas, si j'ai bien compris, qu'il
avait été appelé à l'honneur de remplir les fonctions de vicaire général
auprès de sept évêques et trois fois vicaire capitulaire - la faute
n'en incombe pas à leurs diocésains. Nous ne demandions qu'à les garder.
Aucun d'eux, d'ailleurs ne souhaita son départ par lassitude et
découragement, on ne leur en laissa pas le temps ! En fait, Langres est
devenu un marchepied pour monter plus haut. Les pasteurs peuvent s'en
trouver avantagés, il n'en est pas de même malheureusement pour le
diocèse qui souffre de ces changements trop fréquemment répétés.
«Nous espérons bien, Monseigneur, que vous
viendrez chez nous vous y fixer définitivement, suivant en cela les
remarquables exemples qui vous ont été donnés par les évêque de Luçon,
qui furent vos maîtres et vos modèles. Il y a dans le diocèse de Langres
des prêtres qui vous aimeront, Excellence, autant qu'on vous aime dans
le diocèse de Luçon et vous feront aimer votre nouveau diocèse autant
que vous aimez celui que vous quittez. On nous a déjà dit que vous étiez
frileux, ne craignez rien, notre réception sera chaleureuse et notre
affection vous réchauffera.»
Le toast de Mgr Chiron fut un hymne de
reconnaissance, un merci intraduisible d'une émotion communicative, à la
Providence, à Mgr Garnier, à Mgr Massé, à chacun des évêques présents
et au clergé vendéen (...) «cher Mgr Lindecker, Vous n'aviez pas besoin de vous excuser de rendre hommage à Mgr Lamy,
mon ambition n'est pas de le faire oublier, mais de féconder mon
ministère en lui demandant de m'aider, du haut du ciel, par ses prières,
dans la direction de ce diocèse qu'il a tant aimé et auquel il était
appelé par ses éminentes qualités à faire tant de bien.»
O. Denis, chanoine titulaire.
La Voix de la Vendée & La Croix Vendéenne réunies, 17 décembre 1939.
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Le jeudi 7 mars 1940, dans la cathédrale de Luçon, il prononce, avec
force émotion, l'oraison funèbre de Mgr Garnier qui fut son supérieur
pendant de longues années.
En novembre 1940, il visite Fourvière (Lyon), à la rentrée solennelle
des Facultés catholiques, il y célèbre la messe avec plusieurs évêques
venus pour l'occasion.
Le samedi 2 mai 1942, à 10 heures, Mgr Chiron, évêque de Langres, préside une
Messe du travail célébrée en l'église Notre-Dame de Saint-Dizier, en présence des autorités civiles.
Mgr Chiron fut présent, ainsi que de nombreuses personnalités civiles et
religieuse, dont le préfet de la Haute-Marne, Robert Cousin, à
la fête de la moisson organisée à Braux-le-Châtel par la
Mission de restauration paysanne (
L'Écho de Nancy, 2 septembre 1942).
Il est présent à la cérémonie du sacre de Mgr Georges Jacquin, ancien
vicaire général du diocèse de Dijon, nouvel évêque de Moulins, le mardi 8
décembre 1942, à la cathédrale de Dijon.
Le 24 mai 1943, Mgr Chiron se rend à Vignory. La veille de sa visite,
l'ange jouant de la trompette se trouvant au sommet de l'abat-voix de la
chaire à prêcher de l'église de Vignory est doté d'un nouvel instrument
pour remplacer l'ancien tombé en poussière.
Le dimanche 14 septembre 1947, à Saint-Laurent-sur-Sève, à l'occasion du
triduum de la canonisation de saint Louis-Marie de Montfort, il
prononce le panégyrique du nouveau saint lors de la messe pontificale célébrée par S. Em.
le Cardinal Roques, archevêque de Rennes.
Il préside à Joinville, le 11 juillet 1948, une grand'messe médiévale, à l'occasion des fêtes de Joinville commémorant le VII
e centenaire du départ en croisade de Jean, sire de Joinville.
Le 19 septembre 1948, à Blécourt, à dix kilomètres de Joinville, a lieu le pèlerinage du VII
e centenaire de Jean sire de Joinville, sous la présidence de Mgr Chiron qui, à 11 heures, donne une grand'messe avec sermon.
Mgr Chiron demande au nom du clergé et du peuple de Chaumont l'élévation
de l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste à la dignité de basilique
mineure. Le pape Pie XII, par une bulle du 24 juin 1948, érige la
collégiale Saint-Jean-Baptiste de Chaumont en basilique mineure et la
solennité de l'érection a lieu le dimanche 15 mai 1949 sous la
présidence de l'évêque de Langres.
Mgr Chiron assiste aux festivités du couronnement de Notre-Dame de la
paix à Chalon-sur-Saône qui se déroulent sous la présidence de
l'archevêque de Besançon, en présence des évêques de Dijon et d'Autun,
du vendredi 19 au dimanche 21 octobre 1951.
Le dimanche 31 mai 1953, à Langres, lors de la commémoration du huitième
centenaire de la mort de saint Bernard, sous la présidence de S. Em. le
cardinal Feltin, la présence de Mgr Béjot, évêque auxiliaire de
Besançon et de Mgr Chiron, les reliques de saint Bernard, que possède le
trésor de la cathédrale de Langres, sont portées en procession de la
cathédrale à la chapelle N.-D. de la Délivrance.
Entouré des RR. PP. abbés Dom Olphe-Galliard de Sainte-Marie de Paris,
de Cîteaux et d'Acey, Mgr Chiron préside la fête religieuse populaire
qui a lieu , le 25 juillet 1953, à Auberive. La journée se termine par
un concert dans le cloître illuminé de l'abbaye donné par le Chœur
mixte de la cathédrale de Strasbourg, sous la direction de Mgr Hoch.
Le 10 juin 1956, au soir, Mgr Louis Chiron proclame les festivités du
Grand-Pardon de Chaumont. Il préside et porte pour la première fois la
cappa magna.
Il est victime d'un accident de voiture, à la sortie de Vitry-le-François, le 17 juin 1959, et passe quatre jours en clinique.

Mgr Louis Chiron est nommé chevalier de la Légion d'honneur, par décret du 31 juillet 1959
(JO du 19 août 1959, p. 8248)

Il est à l'initiative de la construction de la chapelle des Ouches vouée à Notre-Dame de Nazareth (l'église Notre-Dame de
Nazareth), à Langres, dont les travaux débutent le 20 juillet 1960. La
première pierre de l'édifice est posée, le 21 août 1960, par Mgr Michel,
vicaire général et le chanoine Turlure, curé de la cathédrale, en
présence d'une nombreuse assistance.
La santé de Louis Chiron déclinant, le pape Jean XXIII, faisant suite à sa demande, lui
donne, le 7 février 1961, un coadjuteur en la personne de Mgr Alfred-Joseph
Atton, évêque d'Orléans.
Mgr Louis Chiron résigne ses fonctions le 15 janvier 1964 et est nommé le même jour évêque titulaire de Bamaccora.
Il meurt à Langres, évêque émérite de Langres, le jeudi 10 septembre 1964.
Bibliographie :
Le Bon exemple. Allocution de Mgr Chiron prononcée le 23 octobre 1929, Imprimerie H. Rozeau, Luçon, 1929, 7 p.
Lettre pastorale de Mgr l'évêque de Langres pour le carême de l'an de
grâce 1944, sur notre consécration au Cœur immaculé de Marie,
Imprimerie champenoise, 1944.
Lettre-préface à l'édition de L'École secondaire de l'Immaculée-Conception de Saint-Dizier de Camille Petit, Imprimerie A. Brulliard, Saint-Dizier, 1949, XII-148 p.
Lettre-préface de Son Exc. Mgr Chiron, évêque de Langres, du dimanche 30
octobre 1955, en la fête du Christ-Roi, pour la première édition de Initiation à l'Action catholique d'Émile Vauthier, chanoine, Supérieur
du Petit-Séminaire de Langres, Bureau des Amis du clergé, 1955 ;
Éditions de la Chronique sociale de France, collection Savoir pour agir,
volume IX, Lyon, 1962.
Lettre pastorale de Mgr Chiron, évêque de Langres, pour le Carême de 1959, Imprimerie du Petit-Cloître, [1959], 12 p.
Sources :
Le sacre de Son Excellence Monseigneur Chiron, évêque de Langres, 7
décembre 1939, La Voix de la Vendée et La Croix Vendéenne réunies, hebdomadaire, 10e année, n° 50, Luçon, 17 décembre 1939, p. 1 & 2.
PICHON (Charles), Dans le marais vendéen. Sept archevêques et évêques
ont participé au premier Sacre de guerre. Mgr Chiron, évêque de Luçon,
est sacré évêque de Langres, L'Époque, 3e année, n° 912, édition de 5 heures, Paris, vendredi 8 décembre 1939, p.1 & 2.
Le Messin, 58e année, n° 343, Metz, lundi 11 décembre 1939, p. 4.
Le Réveil populaire, Organe de le 2e Circonscription de Fontenay, Luçon, samedi 63e année, n° 1707, 9 mars 1940, p. 2.
La Semaine religieuse du diocèse de Lyon, 48e année, n° 1, 29 novembre 1940, p.578
Le Petit-Haut-Marnais, quotidien, 38e année, mercredi 29 avril 1942, p. 2.
L'Écho de L'Allier, 49e année, n° 96, dimanche 6 décembre 1942, p. 2.
L'Ouest-Éclair, quotidien régional, édition du Calvados, Caen, 16 mai 1944, p. 1.
L'Aquitaine, revue religieuse, archéologique, littéraire, Bordeaux, 5 septembre 1947, p. 364.
L'Est Républicain, numéro-souvenir offert à l'occasion des fêtes de Joinville des 10-11-12 juillet 1948 commémorant le VIIe centenaire (1248-1948) du départ en croisade de Jean, sire de Joinville, 10 juillet 1948, 4 p.
Le Figaro, édition de 5 heures, 11 mai 1949.
Le Courrier, Le Journal de Saône-et-Loire, 118e année, n° 35.664, lundi 22 octobre 1951, p. 1 & 3.
Who's Who in France [Qui est qui en France] 1961-1962, J. Lafitte, Paris, 1962, p. 773
TURLURE (Roger), ancien curé-archiprêtre de la cathédrale de Langres, Un demi-siècle au pays de Langres, Dominique Guéniot, Langres, 1978, 240 p.
VEILLERETTE (François), Grand-Pardon de Chaumont, 1475-1990, Édition Patrimoine 52, 1990, 256 p.
PÉROCHEAU (Joël), Dictionnaire historique des vendéens célèbres, Pérocheau, Les Sables-d'Olonne, 1994, 273 p.
Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, volume 24, n° 346-353, Société historique et archéologique de Langres, 2002, p. 180.
AUBERT-PICARD (Emeline), Notice biographique de Mgr Louis Chiron, évêque de Langres, né le 21 mars 1885 à Angles, Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle, 2010, pp. 152-154.
Programme général des manifestations célébrées en l'honneur du 8e centenaire de la mort de saint Bernard (11-53-1953), Association des Amis de saint Bernard, 1953.
Plateforme ouverte du patrimoine (POP), pop.culture.gouv.fr, consultée le 10 octobre 2026.