
François, Theophile, Marie, dit Théophile-Marie Louvard,
est né à Radon, département de l'Orne, arrondissement d'Alençon, le 5 octobre 1858, à six heures
du matin, fils de Constant, François Louvard, journalier et de Victorine
Lasne, son épouse, sans profession.
Il poursuit ses études au séminaire de Sées, en 1873. Titulaire du baccalauréat, il entre au grand séminaire.
Ordonné prêtre le 3 juin
(juillet, selon son dossier de Légion d'honneur) 1882. Prêtre de Sées
(Séez), professeur au petit séminaire diocésain. Licencié en lettres, il est
ensuite nommé à l'école Saint-François-de-Sales d'Alençon, dont il
deviendra en 1898 le supérieur, en qualité de professeur de rhétorique.
Nommé évêque de Langres, le 17 février 1919, préconisé en Consistoire, le 10 mars 1919, ordonné le jeudi 1er mai 1919, à la cathédrale de Sées, installé le 22 mai 1919.
Ses armes : d'azur, à trois épis tigés et foliés d'or,
issant d'une terrasse cousue de sinople, cantonnés à dextre d'une étoile
d'argent rayonnant vers les épis, les rayons d'or ; au chef cousu de
gueules, à la croix pattée d'or, chargé en cœur d'une couronne d'épine
de sable.

Nota. Ces
armes ne sont pas surmontées de la couronne ducale des évêques-ducs de
Langres mais d'un listel où l'on trouve le cri suivant :
Sub tuum, Maria, praesidium (Sous la protection de Marie).
Derrière l'écu, une crosse, en pal, brochant, dans sa volute, tournée à
senestre, est figuré saint François de Sales debout présentant à la
Vierge le nouvel évêque de Langres à genoux.

L'écu est surmonté du chapeau épiscopal de sinople, avec trois rangs de houppes.
Sa devise : Propter opus christi (Pour l’œuvre du Christ).
Son sceau : il reproduit la scène représentée sur la crosse des
armoiries, qui se trouve encore sur la crosse dorée de l'évêque. Au
dessous, l'écusson armorié, surmonté du listel, avec le cri. La devise
manque. En exergue se lit, en onciales majuscules, l'inscription
suivante, les mots séparés par un point : SIG. THEPHILI. MARIAE.
EPISCOPI. LINGONENSIS.
(Sceau à impression sèche de type ogival, de 50 mm sur 32 mm). Cf. Dr M. B. Bull. Shal, n° 106, 1920
Dès son arrivée à Langres, la Société historique et archéologique de
Langres (Shal) lui offre le titre de président d'honneur que les statuts de
l'association lui confère.
En sa présence, le 28 octobre 1919 au petit séminaire de Langres, les
anciens élèves offrent au général Paul Maistre, leur ancien condisciple,
vainqueur de la bataille de la Malmaison, une épée d'honneur créée par
la maison de joaillerie Falize.
Courant mars 1920, il est à Rome, au séminaire français.
Le 22 mai 1920, il répond à l'invitation de la Société historique et
archéologique de
Langres. À cette occasion, après avoir pris place au fauteuil de la
présidence de l'association, après son allocution, les différentes
salles du musée de Langres li sont présentées.
Le 25 janvier 1921, à la cathédrale de Langres, Mgr Louvard consacre Mgr
Alfred Flocard, natif de Jorquenay, évêque élu de Limoge, le 16 janvier
1920.
Président d'honneur du conseil d'administration du comité de la Croix-Rouge de Langres, en 1921.
Le 12 février 1921, à Dijon, il assiste aux funérailles de Mgr Oury, décédé le 6 février 1921, à Marseille.
Dans son mandement de Carême de 1921, il présente l'état alarmant du recrutement du clergé diocésain et évoque ses conséquences.
Le dimanche 5 juin 1921, à la cathédrale de
Dijon, Mgr Louvard célèbre une messe pontificale,
présidée par le cardinal Maurin, archevêque de Lyon, à l'occasion des fêtes organisées pour l'inauguration du
monument élevé à Dijon à la gloire de Bossuet.
Le dimanche 25 septembre 1921, lors du pèlerinage patriotique des
Groupes de l'U.N.C, sous son patronage, est donné sur la colline de
Lorette un service commémoratif à la mémoire des Hauts-Marnais et de la
région de l'Est tombés en Artois.
Le 19 décembre 1921, il participe à l'acquisition de la caserne Galland,
qui sera occupée par le petit séminaire. Un bail de 18 ans est signé. (
Le Petit-Haut-Marnais, 25-26 décembre 1938)
En 1922, il bénit la réplique à peine terminée de la grotte Notre-Dame de Lourdes, édifiée dans le parc Notre-Dame de Chaumont.
Le 29 juillet 1922 à neuf heures, à Bourbonne-les-Bains, il préside la
cérémonie religieuse des obsèques du général Maistre. 2000 personnes
assistent à la sépulture de celui qui passa son enfance à Bourbonne, et
six discours sont prononcés (
L'Oeuvre, 30 juillet 1922).
Le lundi 6 août 1923, Mgr Louvard est à Lisieux pour l'ouverture du
triduum en l'honneur de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus. Il
célèbre ce jour là un office pontifical.
Le Grand-Pardon de Chaumont de 1923 réunit Mgr Louvard, évêque de Langres
; Mgr Grente, évêque du Mans, futur cardinal et membre de l'Académie
française ; Mgr de Durfort, évêque de Poitiers, ancien évêque de Langres
; Mgr Monnier, évêque de Troyes ; Mgr Champavier, évêque de Marseille ;
Mgr Flocard, évêque de Limoge ; Mgr Dubois, cardinal-archevêque de
Paris, qui préside les cérémonies.

En septembre 1924, Mgr Louvard préside un pèlerinage à la grotte Notre-Dame de
Lourdes de Chaumont, à l'occasion de la célébration du jubilé de
l'ouverture du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes en 1874.
En mardi 5 février 1924, dans la basilique Saint-Maurice d'Épinal, Mgr
Louvard, évêque de Langres, est présent au sacre de Mgr Eugène Curien,
évêque de La Rochelle et de Saintes.
Le 31 octobre 1924, Mgr Théophile Marie Louvard est transféré au siège épiscopal du diocèse de Coutances et
d'Avranches ; installé le 28 janvier 1925, il succède à Mgr Joseph
Guérard.
Le 5 septembre 1926, Mgr Louvard procède au sacre de Mgr Octave Pasquet, évêque de Séez.
Le 8 décembre 1929, il crée pour son diocèse de Coutances-Avranches, la médaille de Notre-Dame qui récompense
les bons et
loyaux services des dignes employés de nos églises et dans le même
temps, l'Ordre diocésain de Saint-Michel. Et le 25 mars 1936, la
médaille d'honneur de l'Éducation chrétienne, dite de
Saint-Lô récompensant les services des enseignants libres du diocèse.
En 1944, il s'oppose à la volonté de l'occupant allemand d'installer un
dispositif de défense contre l'aviation alliée sur la cathédrale de
Coutances. La ville bombardée, il la quitte à pied pour se réfugier dans une ferme à la
campagne, quelques kilomètres plus loin.
Nommé chevalier de la Légion d'honneur, par décret
du 4 janvier 1950, rendu sur le rapport du ministre de l'Intérieur, pour
prendre rang en qualité d'évêque du diocèse de Coutances et
d'Avranches, introduit le samedi 4 février 1950, par délégation du grand
chance

lier en date du du 8/10 mars 1950 (sic.) au titre de services exceptionnels :
évêque
de Coutances depuis 1924. Doyen de l'épiscopat français. Par sa forte
personnalité, a exercé une grosse influence dans ce département
catholique, et entretenu constamment de bons rapports avec le Pouvoir
civil ; sur l'avis très favorable du préfet de Coutances, du 21 octobre
1949, ainsi stipulé : Bien que Monseigneur Louvard ait observé sous
l'Occupation une attitude loyale envers la personne de Pétain, il ne
s'est jamais compromis avec sa politique, pour laquelle il a toujours
fait d'expresses réserves. A différentes reprises, il a, par contre,
manifesté son hostilité à l'égard des Allemands.
Très malade, il meurt au grand séminaire de
Coutances, le matin du samedi 8 avril 1950, dans sa 92e année de son âge
et la 31e de son épiscopat. Son corps
est exposé à l'évêché, avant d'être inhumé dans la chapelle Saint-Jean de la
cathédrale Notre-Dame de Coutances.
Dernier évêque français à s'opposer au scoutisme catholique des Scouts de France, favorisant le mouvement des Cœurs Vaillants.
Bibliographie sommaire :
Lettre du 30 octobre 1921 à l'auteur de Morts pour la France, ouvrage de L. Marcel, docteur en théologie, licencié ès-lettres, lauréat de l'Académie française, curé-Doyen, 3e édition, chez l'auteur à Prauthoy, Haute-Marne, 1922, p. 7 & 8.
Oraison funèbre de Monseigneur Bardel, évêque de Séez, prononcée
par Monseigneur Louvard, évêque de Coutances et Avranches, dans la
basilique cathédrale de Séez, le mardi 23 mars 1926, Imprilmerie J. Bellée, Coutances, 1926.
Paroissien latin-français selon le rite romain avec les offices propres
au diocèse de Coutances & Avranches imprimé par ordre de Mgr
Théophile-Marie Louvard, Évêque de Coutances et Avranches, 1941.
Sources :
Sacre de Mgr Louvard, L'Ouest-Éclair, samedi 3 mai 1919, p. 4.
Monseigneur Louvard, évêque de Langres, Bulletin de la société historique et archéologique de Langres, n° 106, 1er janvier 1920, pp. 78 & ss.
La Croix, 41e année, n° 11345, Paris, jeudi 18 mars 1920, p.1.
Dijon : Inauguration du monument de Bossuet, La semaine religieuse du diocèse de Lyon, 28e année, n° 30, 17 juin 1921, p. 62.
La Voix du Combattant, Organe officiel de l'Union nationale des combattants, 3e année, n° 110, dimanche 4 septembre 1921, p.3
Le Gaulois, dimanche 30 juillet 1922, p. 2.
L'Oeuvre, n° 2494, dimanche 30 juillet 1922, p. 4.
Le triduum en l'honneur de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, Le Matin, 40e année, n° 12582, dimanche 5 août 1923, p. 5.
Souvenirs sur le général Maistre, Le Correspondant, revue bi-mensuelle, 95e année, tome 292e, nouvelle série : 256e, n° 1464, 25 septembre 1923, p. 986.
Le Nouvelliste d'Alsace, quotidien du matin, 1re année, n° 50, mardi 23 octobre 1923, p. 4.
Le sacre de Mgr Curien, La semaine religieuse de Saint-Dié, Chronique. 48e année, n° 6, p. 21 & ss.
La Semaine religieuse de Coutances, 11 décembre 1929.
Le Petit-Haut-Marnais, 35e année, n° 306, dimanche 25 & lundi 26 décembre 1938, p. 3.
À son excellence Monseigneur Théophile-Marie Louvard, Évêque de
Coutances et d’Avranches. Livre d’or à l’occasion de son jubilé
sacerdotal de diamant (1882-1942), 352 p.
Ouest-France, 11 avril 1950.
TURLURE (Roger), ancien curé-archiprêtre de la cathédrale de Langres, Un demi-siècle au pays de Langres, Dominique Guéniot, Langres, 1978, 240 p.
VEILLERETTE (François), Grand-Pardon de Chaumont, 1475-1990, Édition Patrimoine 52, 1990, 256 p.
WACHÉ (Béatrice) & alii, Le cardinal Grente : 1872-1959. Homme de lettres et prince de l'Église, Presses universitaires de Rennes, 2021, 252 p.
Archives nationales, base Leonore, cote LH/1667/27.